Mes 8 bouchées froides, à faire la veille ou le matin même
La première fois que j'ai reçu dix amis pour un apéro dînatoire, j'ai passé la soirée à faire des allers-retours entre le four et le salon, un torchon sur l'épaule. J'ai entendu les meilleures blagues de loin. Depuis, l'essentiel de ce que je sers est froid et prêt avant que quelqu'un sonne.
Ces huit-là ne demandent aucune technique, et c'est bien pour ça que je les refais :
- Roulés de tortilla au saumon fumé : fromage frais, saumon et aneth sur une galette de blé. On roule, on filme serré, on laisse la nuit au frigo et on découpe au dernier moment.
- Piques de comté, raisin et noix : cinq minutes avec un bon couteau. L'été, je passe aux tomates cerises et à la mozzarella.
- Œufs mimosa : les œufs durs cuisent la veille, je les garnis le jour même. Ce sont toujours les premiers à disparaître.
- Mini-clubs sandwichs : pain de mie, thon ou poulet, un peu de salade. Coupés en petits triangles le matin, gardés au frais dans une boîte bien fermée.
- Rondelles de concombre à la truite fumée : une noisette de fromage frais, un bout de truite, un trait de citron. Ça allège un peu l'ensemble.
- Dattes au chèvre et aux noix : on fend, on fourre, c'est fini. Le sucré-salé qui convertit ceux qui jurent ne pas aimer les dattes.
- Verrines de betterave : betterave cuite mixée avec un filet de vinaigre balsamique, fromage frais par-dessus, petite cuillère dedans.
- Verrines de taboulé aux herbes : il est franchement meilleur après une nuit au frais.
Cinq tartinables et planches : le plus d'effet pour le moins d'effort
C'est ma partie préférée. Deux bols, du bon pain, et la table paraît déjà pleine.
- Houmous : pois chiches en conserve, tahini, citron, ail, huile d'olive. Cinq minutes de mixeur, la veille sans problème.
- Rillettes de thon : thon en boîte bien égoutté, fromage frais, citron, ciboulette, poivre. Le rapport effort et succès le plus indécent de cette liste.
- Caviar d'aubergine : aubergines rôties au four puis écrasées avec de l'ail et de l'huile d'olive. Encore mieux le lendemain.
- Planche de crudités : carottes, radis, concombre, endives, coupés le jour même. Colorée, pas chère, et elle occupe beaucoup de place sur la table.
- Planche de fromages et de charcuterie : aucune cuisine, juste de l'achat et du rangement. Deux ou trois fromages, un peu de charcuterie, des cornichons, des fruits secs.
Quatre idées chaudes (gardez-en deux, pas plus)
Un peu de chaud change l'ambiance, surtout en hiver. C'est aussi là qu'on perd sa soirée si on en fait trop. Comme quand il faut organiser un brunch à la maison à huit, le principe tient en une phrase : le four travaille, pas vous.
- Cake salé feta et olives, ou lardons et comté : cuit la veille, coupé en cubes. Bon tiède, bon froid, donc jamais de stress.
- Roulés feuilletés au pesto : pâte feuilletée, pesto, parmesan. On roule, on tranche, on garde au frais et on enfourne au dernier moment, en surveillant la couleur.
- Mini-quiches en moules à muffins : elles se congèlent bien une fois cuites, et un passage au four leur redonne du croustillant.
- Gougères au comté : on peut les congeler crues et les cuire sans décongélation, en ajoutant quelques minutes.
Mon petit truc : une fournée en début de soirée, la seconde une heure plus tard. L'odeur revient dans le salon et tout le monde se ressert. Si votre four est minuscule, prenez le cake, qui se passe très bien de lui.
Trois douceurs pour finir
Une seule suffit, mais je n'ai jamais su choisir.
- Brownie en tout petits carrés : cuit la veille, il n'en est que meilleur.
- Truffes au chocolat : une ganache, du cacao, et elles attendent au frais quelques jours.
- Clémentines et raisin dans un grand saladier : zéro préparation, et ça fait un bien fou après tout ce salé.
Ma trame pour 10 : combien de chaque, et quand
Quand l'apéro remplace le dîner, on compte en général de 10 à 15 bouchées par personne. Pour dix, ça fait donc 100 à 150 pièces. Dit comme ça, ça donne le vertige, sauf que ça monte très vite :
- 3 bouchées froides, une vingtaine de pièces chacune ;
- 2 tartinables, avec une planche de crudités et beaucoup de pain ;
- 2 préparations chaudes, une vingtaine de pièces chacune ;
- 1 douceur, une trentaine de petits morceaux.
Trois froids, deux tartinables, deux chauds, une douceur : huit préparations suffisent largement pour dix.
Côté calendrier, voilà comment je répartis :
- Quelques jours avant : les courses, les truffes, et les gougères ou les mini-quiches au congélateur.
- La veille : le cake, le brownie, les tartinables, le taboulé, les roulés de tortilla, les œufs durs.
- Le jour même : les crudités, les clubs sandwichs, la garniture des œufs, la découpe des roulés.
- Une heure avant : je dresse les planches et je prépare les plaques pour le four.
Et pour le salon, mes astuces pour ranger la maison rapidement suffisent bien : personne ne regarde vos plinthes avec une verrine à la main.
Le seul vrai point de vigilance : le froid
Le ministère de l'Agriculture rappelle de mettre les plats cuisinés au réfrigérateur au plus tard deux heures après leur préparation, et de garder la partie la plus froide du frigo entre 0 et 4 °C. Quand on prépare pour dix, le frigo déborde vite, donc je fais de la place la veille.
J'en ai tiré une habitude toute simple : je ne sors pas tout d'un coup. Un plateau d'œufs mimosa ou de roulés au saumon à la fois, le reste attend au frais, et je renouvelle quand c'est vide. Ça évite aussi la table déjà dévastée à 20 h 30. Ce qui a passé la soirée dehors, je ne le garde pas pour le lendemain.
Quand tout le monde est parti et que le lave-vaisselle tourne, je me prépare une tisane pour faciliter la digestion du soir, avec les dernières truffes. Parfois, c'est ma partie préférée.


